Mellah de Marrakech

Requalification d'un quartier pour un tourisme durable

Direction de projet: Viviane Cohen, architecte, Marakkech

 

Projet culturel au cœur du mellah pour la sauvegarde d’une trace de la participation de sa population juive à la vie de Marrakech, ville impériale. Pour le visiteur comme pour l’habitant, le tourisme en tant que pratique de l’invention de soi, crée un rapport émotif, émotionnel au Monde.

 

Si on peut mentionner une implantation juive à Marrakech dès sa création vers le XIIe siècle, l’implantation sur les lieux actuels du Mellah de Marrakech, le deuxième créé dans l’histoire urbaine du Maroc après celui de Fès, est plus tardive. On en attribue l’installation au Sultan Saadien El Ghalib aux environs de 1560. Entre le Mechouar (résidence impériale) et la Kasbah (logement des militaires directement affectés a la défense du palais royal et de leur familles), directement corrélé avec Dar el Makhzen, (qui abrite la cour et l’administration), cette localisation du Mellah encadré par le pouvoir et directement sous sa protection ou sa férule, est la même qu’instituée a Fès. C’est d’ailleurs de Fès qu’un certain nombre de familles suivent le Sultan. Il s’étend sur 10,5 Ha environ, non compris le cimetière juif et la partie acquise par l’Alliance israélite universelle pour y installer un établissement d’enseignement agricole. L’école est implantée dans la dernière extension du mellah qui correspond à l’octroi de nouveaux terrains par Moulay Hassan dans la seconde moitie du XIXe s. sur Arset el Maach, actuellement Bab Mellah.

 

Les relations entre la ville et le tourisme constituent un enjeu d’importance aussi bien pour les espaces urbains que pour le phénomène touristique. Le tourisme urbain est un tourisme qui valorise la ville, son histoire son patrimoine et ses qualités particulières.

 

Sur les 7 à 8 millions de touristes qui visitent le Maroc chaque année, on dénombre entre 160 000 et 200 000 juifs qui viennent d’Israël, de France, du Canada, d’Amérique Latine. L’esprit dans lequel ces visites ont lieu m’ont incitée à repenser le présent par rapport au vécu des Juifs à Marrakech. Pour donner corps à cette réflexion et après plusieurs visites au Mellah, j’ai envisagé un projet de création d’un complexe des arts et cultures qui inclura dans ses préoccupations tant la recherche scientifique de ce que l’implication des juifs a apporte a l’évolution des arts techniques et cultures marocains. Aujourd’hui par ailleurs, Marrakech sait qu’elle doit faire évoluer son « offre touristique » afin de toucher les bénéfices des gigantesques efforts en équipements de qualité réalisés depuis une dizaine d’années. Dans un Monde où la population se concentre toujours davantage en ville et où, parallèlement, se multiplient les mobilités des individus, les liens entre ville et tourisme s’intensifient et se complexifient et les villes doivent apprendre à gérer l’affluence touristique dans ce qu’elle a de positif. Que ce soit en cas de crise de l’économie locale, mais également dans les conflits d’usage qu’elle peut générer, entre activités, entre habitants temporaires et permanents du lieu, entre valorisation des ressources locales et préservation du patrimoine.

 

Nous sommes la au cœur de mon projet qui ambitionne de s’inscrire dans l’établissement de relations dynamiques entre la ville et le tourisme et de contribuer à l’évolution de l’urbanité des lieux, a s’inscrire dans la façon de vivre la ville ou de pratiquer le tourisme, par exemple à travers l’intégration du tourisme et des loisirs dans les espaces métropolitains.

 

Le Mellah est resté aujourd’hui en grande majorité occupé par une population parmi la plus pauvre de Marrakech et l’état du cadre bâti en est souvent le reflet. On ne peut parler de tourisme urbain et de développement durable sans associer à tout projet urbain la participation de sa population. Reouverture de la slat fassyin Le développement du tourisme au sein de la ville est une affaire de volonté politique. Les flux touristiques sont soit souhaités, soit redoutés.

 

Plusieurs attitudes de la collectivité locale sont donc possibles :

- subir ou esquiver ;

- faire face ; -organiser l'accueil, s'adapter ;

- démarcher certains publics avec un plan raisonné et volontariste. 

 

Des résidents invites pour des périodes déterminées, animeraient des ateliers où pourraient être organisées successivement des masters classes musicales, des ateliers de peinture, de cinéma, de sculpture de poterie, de couture, d’écriture ou encore de cuisine. Si l’on dispose de peu de documentation sur la façon dont se sont intégrés les premiers juifs au Maroc, on dispose par contre de nombreux témoignages concrets de leur imbrication dans le développement des arts et techniques au Maroc. D’une collaboration renouvelée pourrait encore jaillir de nouveaux fruits.

 

Semaine du Film sur le Judaïsme Marocain à Berlin

compte-rendu, fotos & revue de presse ici

« Plaisir de mémoire » en hommage posthume à Simon Lévy (par Mohamed Elmedlaoui)

Compte-rendu

de la première conférence de AAMJM, tenue à Rabat le 14 janvier 2016

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Nouveau livre sur les juifs du sud!

Le 7 janvier 2013, s’est tenu à Rabat un colloque sur les communautés juives du sud du Maroc, considérées comme les plus anciennes de ce pays. Réunir les contributions des participants, universitaires et spécialistes, tenait au cœur de chacun. La singularité de cet ouvrage réside dans l’accent mis, avant tout, sur le concret, le local et le spécifique. Pour en Savoir plus...

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Conférence de l'AAMJM à Berlin

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Ce texte de Simon Lévy, paru en 2006 a été rédigé aprés une enquête réalisée auprès d'ecoliers et de lycéens au Maroc, dont les réponses montraient à quel point leur connaissance des juifs marocains étaient lacunaires.